The following piece in French on World Food Day is written by Essential Edge French editor Daniel Wermus. It is based on a debate organized by FAO, WFP, Swissaid and the University of Geneva.

Lançant le débat, Marguerite Contat, Présidente de Swissaid-Genève, affirme le rôle crucial que peut jouer l’agriculture biologique pour vaincre la faim, faire face au changement climatique, lutter contre la pauvreté et sauver l’environnement. Ce rôle est maintenant reconnu et validé par des agences de l’ONU comme la CNUCED. Mais qu’attend la FAO pour promouvoir le bio, elle aussi ?

Charlotte Dufour, conseillère en sécurité alimentaire et nutrition à la FAO, admet que l’agriculture écologique et durable devient de plus en plus importante dans son organisation qui, par exemple ne distribue plus de semences hybrides et forme des paysans à des techniques pour réduire l’usage des pesticides. Mais aller plus loin dans ce sens nécessite un mandat des Etats-membres qui n’ont, pour l’instant, pas forcément le développement du bio à l’agenda. Elle ajoute qu’une pression des consommateurs et des ONG pour des produits meilleurs socialement et écologiquement aiderait aussi la FAO à bouger.

Christian Frutiger, Directeur adjoint des affaires publiques de Nestlé, estime que sa firme, avec ses 340’000 employés et 500 usines (dont la moitié sont dans le Sud), travaille essentiellement avec des produits et des marchés locaux. Seuls le café et le cacao voyagent à travers le monde. Du coup, Nestlé a intérêt à ce que les paysans qui travaillent pour lui, et les consommateurs nationaux aient une meilleure production, nutrition, santé et condition de vie, ainsi qu’un environnement préservé : « A long terme, une entreprise ne peut rester viable que si elle génère des bénéfices non seulement pour les actionnaires, mais pour les sociétés où elle est implantée». Plutôt que biologique, il préfère parler d’une agriculture «pérenne» : production suffisante et rentable, générant des revenus et minimisant les impacts écologiques. C’est dans ce sens que Nestlé transmet à ses partenaires locaux des «bonnes pratiques agricoles adaptées à la situation locale».

Le professeur Angelo Barampama, géographe burundais à l’Université de Genève répond que la spéculation alimentaire, l’accaparement des terres et d’autres distorsions de l’agro-business empêchent précisément l’agriculture d’être pérenne. Il rappelle que depuis 1960, malgré tant de stratégies sophistiquées et de projets de développement déversés sur l’Afrique, la pauvreté et la faim continuent. Mais pourquoi surtout en Afrique, alors que l’Asie et l’Amérique latine éliminent graduellement leur sous-développement ? Le débat n’a pas vraiment donné de réponse.

La soirée s’est terminée par la projection d’un film sur l’Ethiopie du cinéaste suisse Frédéric Baillif, intitulé Tant qu’il pleut en Amérique. Dans un pays qui ne peut plus vivre du café trop mal payé, et qui se rattrape en plantant une drogue lucrative, le khat, la malnutrition chronique persiste malgré des terres fertiles et une très massive aide alimentaire américaine (ou peut-être à cause de celle-ci…)

Daniel Wermus

 

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