The following article by Essential Edge French-language editor, Daniel Wermus, explores the role of the internet – and journalism.

En 2003 et 2005, le Sommet mondial sur la société de l’information (SMSI) donnait l’élan aux technologies numériques, en laissant au second plan les contenus et la liberté d’expression. A l’époque, les journalistes n’étaient guère montés au front.

Aujourd’hui Genève veut se profiler comme capitale mondiale d’internet. Elle abrite déjà l’UIT, le CERN (où est né le worldwide web), l’Internet Society et un bébé du SMSI, l’Internet Governance Forum. Ne manque que l’ICANN, organisme californien chargé d’attribuer les noms de domaine. Accusés d’hégémonie, les Etats-Unis semblent prêts à couper le cordon ombilical, et la Suisse œuvre déjà en coulisses pour le récupérer fin 2015.

En attendant, Berne lance ce printemps la Geneva Internet Platform (GIP), confiée à Jovan Kurbalja, un sémillant Serbe qui dirige depuis 2002 un centre de formation de diplomates aux e-technologies, la Diplo Foundation. La plateforme accueille tous les acteurs intéressés: ONU, société civile, entreprises, gouvernements. Et tous les problèmes posés par le web: cybersurveillance, terrorisme, droits d’auteurs, universalité, droits de l’homme, libertés et leurs limites, appétits de l’industrie. Et toutes les opportunités: e-diplomatie, e-conférences, interaction entre acteurs confinés dans leurs silos, data-mining(outils d’exploration de données sur tous les enjeux traités à Genève, y compris les obstacles et les divergences)

GIP se veut un «système inclusif et responsable» selon un de ses parrains, le patron de l’Ofcom Philipp Metzger. Tous les acteurs pourront y faire entendre leurs besoins et trouver des innovations.

Tous vraiment? A nouveau, les médias sont très peu présents dans ce débat. Va-t-on vers une gouvernance de l’information numérique sans les professionnels de l’information?

GIP recense des dizaines de parties prenantes. Mais aucune du monde médiatique. Pourtant la porte est largement ouverte, assure Kurbalja. Qui veut entrer?

Un pôle de compétence pour gérer internet est bienvenu. Mais internet ne remplace pas le journalisme, levain aujourd’hui négligé d’une société éclairée. Or Genève internationale, qui est un poste de pilotage de l’humanité, ne sait toujours pas se faire comprendre. Il faut d’urgence réinventer la narration des défis mondiaux si on veut que les Terriens se mobilisent pour les résoudre à temps.

Pour cela, Genève a aussi besoin d’un pôle de compétence médiatique.

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