The following piece in French on media dealing with global issues is written by Essential Edge French editor Daniel Wermus.

Geneva — Guerres, réchauffement climatique, faim, pollution chimique, corruption, clashes ethniques et religieux… Stop ! Beaucoup de journalistes veulent contribuer à désamorcer les bombes qui menacent l’humanité. Mais comment ?

On pourrait palabrer des années: est-ce possible, conforme à notre mission, compatible avec notre indépendance ? Maints confrères ont pris les devants. Alors que nos conditions de travail et l’attrait de notre métier sont mis à mal, de nouvelles vocations surgissent. Dans le monde, plus de 200 ONG forment des dizaines de milliers reporters et dialoguent avec d’autres acteurs pour fomenter une information responsable et efficace, à la hauteur de ces enjeux.

Leur mobile ? Il nous reste peu d’années pour juguler les menaces écologiques et autres, et prendre des vraies décisions courageuses. Comment y parvenir sans un effort volontariste pour informer, débattre et faire comprendre l’urgence d’une civilisation moins prédatrice, moins suicidaire? Si les médias ne le font pas, qui d’autre ?

Earth Journalism Network, en collaboration avec l’Université de Berkeley, renforce des réseaux de journalistes environnementaux dans des dizaines de pays, développant des méthodes innovantes de reportage. Internews, financée par Washington mais jurant son indépendance, promeut les «voix locales et le changement global». Dans les cinq continents, elle développe avec des milliers de confrères des stratégies sur la gouvernance, les conflits, l’humanitaire, la santé, le rôle des nouveaux médias, les femmes, la jeunesse.

BBC Media Action, autre poids lourd, «transforme les vies autour du monde grâce aux médias». En aidant la presse kenyane à enrayer les tensions ethniques lors des élections. Ou en influençant l’Union européenne pour inclure des plans médias dans l’aide aux pays pauvres. Elle lance aussi un vaste programme pour former 1200 journalistes à la périphérie de l’UE (Afrique du Nord, ex-URSS, Proche-Orient) avec la Fondation AFP, France Télévisions,  L’Orient-Le Jour, etc. Parmi les objets: la liberté d’expression pour appuyer la démocratisation et le dialogue.

La Suisse, qui abrite l’essentiel des discussions globales, devrait être une terre d’accueil pour le médiactivisme. Or, à part Hirondelle qui sème à grand peine des radios de la paix en Afrique, les commandos de la plume manquent de soutien. D’ici peu, Media Action International Journalism Network se lancera à Genève, avec des ateliers pour journalistes syriens et afghans. Si Allah le veut.

Daniel Wermus, journaliste
Fondateur d’InfoSud et de Media21

 

 

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