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The outcome of these three current mega-mergers is being discussed not just in Brussels and Washington: It affects us all; that is the view of three organisations (ETC Group, IUF, South Centre), who met on 9 May at the UN offices in Geneva in order to encourage a response from civil society and the countries of the Global South.

“The seed and pesticide oligopoly (a market with an annual value of 97 billion US dollars) is just the first step in an ongoing regrouping process worth 500 billion that would also encompass artificial fertilizers, veterinary care, biotechnology and in particular agricultural machinery (dominated by John Deere),” says Pat Mooney, CEO of the ETC Group, an NGO that investigates the impact of new technologies on society and the environment.

What are the benefits of such mergers? The companies argue that they have to feed a population of nearly 10 billion as well as respond to climate change. According to them, the costly innovations needed to meet these challenges, together with Big Data and satellite sensors, are forcing them to merge,” says Mooney, even though in reality seed prices have increased since the mergers! In addition, their “innovations” continue to hinder agricultural diversity to the extent that the number of basic foodstuffs in the world is now only 12.

In reality, the giants of the food industry are too big to feed: “Their methods are causing global warming, leaching soils, driving out farmers and threatening health and food security. These are violations of human rights,” asserts Peter Rossman from IUF, the world union representing workers in the food industry.

However, it is not all bad news stresses Carlos Correa from South Centre, an intergovernmental organization representing developing countries. “This particular sector is not regulated by international agreements. Governments are able to intervene to protect their farmers and companies against agri-businesses”. Can they also encourage sustainable agriculture? “That will not happen of its own accord,” replies Rossman. “Agro-ecology requires a policy framework, with research, investment and enough small innovative companies. Governments will only face up to this task if civil society insists”.

According to the three panelists, it is UNCTAD who has the responsibility to analyze the situation and help countries formulate their response. For its part Biovision, a Swiss Foundation, with its programme “Changing Course in Global Agriculture” is acting as a facilitator in Senegal and Kenya, where they have decided to adopt a system that includes sustainable agriculture.

Analysis of mega-mergers in agri-business

Mégafusions: peut-on encore contrôler l’agro-business?

Par Daniel Wermus

Syngenta avalé par ChemChina. Monsanto absorbé par Bayer. Dow Chemical fusionné avec Du Pont. Les trois nouveaux géants vont contrôler 71% du marché mondial des pesticides et 61% des semences. Une menace pour le monde paysan, la sécurité alimentaire et l’environnement ? Les Etats ont des moyens de réagir… à condition d’y être poussés !

Le sort de ces mégafusions en cours ne devrait pas être discuté qu’à Bruxelles ou à Washington : il concerne tout le monde, estiment trois organisations (ETC Group, UITA, Centre Sud) réunies le 9 mai à l’ONU à Genève pour suggérer une réponse de la société civile et des pays du Sud.

 «L’oligopole des semences et pesticides (un marché valant 97 milliards de dollars par an) n’est qu’un premier pas vers un prochain regroupement, pesant près de 500 milliards, qui inclura encore engrais artificiels, soins vétérinaires, biotechnologies et surtout les machines agricoles (dominées par John Deere)», affirme Pat Mooney, directeur exécutif de ETC Group, une ONG qui suit les impacts sociaux et écologiques des nouvelles technologies.

Pourquoi une telle concentration ? Les firmes prétendent qu’elles doivent à la fois nourrir une population de bientôt 10 milliards et faire face au changement climatique. Selon elles les coûteuses innovations exigées par ce défi, avec Big Data et contrôle par satellite, les obligent à se regrouper, explique Mooney. Or, relève-t-il, les fusions ont fait monter le prix des semences ! Et leurs «innovations» ne cessent de restreindre la biodiversité agricole, réduite à 12 variétés d’aliments de base dans le monde.

Les géants agro-alimentaires sont en fait too big to feed (trop grandes pour nourrir): « Leurs méthodes chauffent le climat, épuisent les sols, exilent les paysans, menacent la santé et la sécurité alimentaire. Ce sont des violation des droits humains », affirme Peter Rossman, du syndicat des travailleurs de l’alimentation UITA.

Il y une bonne nouvelle, souligne Carlos Correa, du Centre Sud, organisation intergouvernementale qui défend les pays en développement : « Pour une fois, ce secteur n’est pas régi par des règles internationales. Les Etats peuvent donc intervenir pour protéger leurs paysans et leurs entreprises contre l’agro-business. » Peuvent-ils aussi encourager une agriculture durable ? « Ça ne viendra pas tout seul, répond Rossman. L’agro-écologie a besoin d’un cadre pour la recherche, l’investissement, des petites entreprises innovantes. Les Etats ne s’y mettront que si la société civile le réclame.

Selon les trois panelistes, la CNUCED a toutes les compétences pour analyser cette situation et aider les Etats à y faire face. De son côté, Biovision, avec son programme « Changement de cap dans l’agriculture », agit comme facilitateur au Sénégal et au Kenya, qui se sont engagés sur la voie d’un système agro-alimentaire durable.

>> Le point sur les mégafusions de l’agro-business

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