The following article in French on the need to train humanitarian journalists in Syria is written by Essential Edge French editor Daniel Wermus.

Geneve — Toutes les crises humanitaires l’ont montré. Sans une information fiable reçue par la population, sans collaboration avec des journalistes locaux ou régionaux, l’aide internationale a plus de peine à atteindre et sauver les victimes. Et quand arrive la phase de réconciliation et reconstruction, des médias vigilants peuvent réduire la méfiance, les rumeurs et la corruption.

Ce rôle crucial des journalistes, qui semble aller de soi (voir l’exemple de Radio Okapi au Congo RDC),  n’a toujours pas été bien compris par la plupart des organisations humanitaires, et encore moins intégré dans leurs stratégies. Les efforts tentés dans ce sens en Haïti n’ont pas été suffisants.

Face à la crise syrienne, les offres de formation ne manquent pas. La Suisse soutient un réseau de jeunes journalistes citoyens à Beyrouth. Beaucoup d’efforts visent notamment des blogueurs et des vidéastes, comme dans d’autres pays arabes. La Fondation Adenauer, BBC Media Action, L’Union européenne et d’autres acteurs organisent cet automne des stages en Jordanie et au Liban : technique professionnelle, éthique, médias sociaux… et aussi compréhension de la politique européenne.

Mais le projet lancé à Genève par l’ONG Crosslines Essential Media, avec l’appui de la Fondation Thomson (liée à Reuters), remplit une case vide: faire découvrir, à Genève et sur le terrain, le fonctionnement des agences humanitaires, en interaction avec celles-ci. Son originalité : associer aux journalistes syriens de différents bords des confrères des pays voisins, ainsi que d’autres pays ayant vécu des guerres civiles (Afghanistan, Côte d’Ivoire, Rwanda. Plus quelques reporters internationaux pour assurer des regardes extérieurs, un partage d’expérience professionnelle, et des outils pour une information inclusive. Une info qui sauve et reconstruit grâce à sa crédibilité. (contact: edgirardet@gmail.com)

Y a-t-il danger d’un journalisme «alité» (embedded) avec les grands sauveurs occidentaux ? Pour y échapper, propose Crosslines, les agences humanitaires doivent oser montrer sans complexe leurs contraintes et dilemmes, tout en facilitant la rencontre avec des acteurs aux vues diverses, voire critiques. Et les journalistes doivent oser poser des questions…

Daniel Wermus est le Fondateur d’InfoSud et de Media21

 

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