Démolition du siège de l’UNRWA à Jérusalem-Est occupée
Après que le gouvernement israélien ait interdit d’accès à lGaza 37 organisations humanitaires étrangères, le Secrétaire général de l’ONU a condamné la démolition du siège de l’UNRWA.

Après que le gouvernement israélien ait interdit d’accès à lGaza 37 organisations humanitaires étrangères, le Secrétaire général de l’ONU a condamné la démolition du siège de l’UNRWA.

EDITION FRANCAISE: Après que le gouvernement israélien ait interdit d’accès à la bande de Gaza 37 organisations humanitaires étrangères qui refusent de livrer l’identité de leur personnel palestinien, le Secrétaire général de l’ONU a condamné la démolition du siège de l’UNRWA par les forces de sécurité israéliennes à Jérusalem Est occupée alors que la population palestinienne de Gaza et de la Cisjordanie continue de vivre une tragédie.
« Le Secrétaire général condamne avec la plus grande fermeté les actions des autorités israéliennes visant à démolir le complexe de l’UNRWA (Ndlr l’agence des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens) à Sheikh Jarrah », a dit son porte-parole adjoint, Farhan Haq, dans une déclaration à la presse. « Comme il l'a déclaré à plusieurs reprises et sans équivoque, notamment dans sa lettre au Premier ministre israélien du 8 janvier 2026, le complexe de Sheikh Jarrah demeure une propriété des Nations Unies et est inviolable et à l'abri de toute ingérence ». Le Secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres juge « totalement inacceptables » les actions d'escalade continues menées contre l'UNRWA, qui sont « contraires aux obligations claires d'Israël en vertu du droit international », notamment de la Charte des Nations Unies et de la Convention sur les privilèges et immunités des Nations Unies.
« Le Secrétaire général exhorte le gouvernement israélien à cesser immédiatement la démolition du complexe de l'UNRWA à Sheikh Jarrah et à restituer et restaurer sans délai ce complexe et les autres locaux de l'UNRWA aux Nations Unies », a indiqué son porte-parole, selon UN News.
Le Commissaire général de l’UNRWA, Philippe Lazzarini, a qualifié la démolition d'« attaque sans précédent » contre l'ONU, dont les locaux sont protégés par le droit international. La démolition représente « un nouveau niveau de mépris ouvert et délibéré du droit international, y compris des privilèges et immunités des Nations Unies, par l'État d'Israël », a déclaré Philippe Lazzarini sur le réseau social X. La même chose pourrait arriver à toute autre organisation ou mission diplomatique, « que ce soit dans le Territoire palestinien occupé ou ailleurs dans le monde », a averti le Commissaire général de l’UNRWA. « Cela doit servir d'avertissement », a-t-il souligné.
Auparavant, l’UNRWA, interdite en Israël, avait annoncé avoir dû se séparer, pour des raisons financières, de 571 de ses employés de la bande de Gaza. L’agence onusienne qui vient en aide aux réfugiés de Palestine au Proche-Orient, dans la bande de Gaza, en Cisjordanie, au Liban, en Jordanie et en Syrie, a vu les contributions volontaires dont elle dépend diminuer drastiquement suite à la condamnation de ses activités par Israël.
L’actrice étasunienne Angelina Jolie s’était rendue vendredi 2 janvier au point de passage de Rafah, côté égyptien. Selon l’Agence France-Presse (AFP), la visite de l’actrice, ancienne envoyée spéciale du Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR), accompagnée par une délégation étasunienne avait pour objectif de faire le point sur la situation humanitaire des habitants de l’enclave assiégée de Gaza, territoire palestinien ravagé par plus de deux ans de guerre entre Israël et le Hamas.
Angelina Jolie a déclaré être honorée de rencontrer les volontaires des ONG présentes près du terminal. Les opérations humanitaires se déroulent dans un contexte de durcissement des restrictions des autorités israélienne qui ont interdit d’accès 37 ONG à la bande de Gaza.

Political cartoon by contributing Global Geneva editor/cartoonist Jeff Danziger.
Political cartoon by contributing Global Geneva editor/cartoonist Jeff Danziger.
Depuis le 1er janvier, Israël a interdit d’accès à la bande de Gaza 37 organisations humanitaires étrangères qui refusent de livrer l’identité de leur personnel palestinien. Selon les autorités israéliennes, l’exigence de livrer l’identité du personnel palestinien de ces ONG vise à « empêcher l’infiltration d’opérateurs terroristes au sein des structures humanitaires ».
De grandes ONG internationales sont concernées, comme Médecins sans Frontières (MSF), le Norwegian Refugee Council, Care, World Vision et Oxfam. MSF a dénoncé un « grave coup porté à l’aide humanitaire » à Gaza. La décision d’Israël porte atteinte au Droit international humanitaire, dénoncent les ONG. Le Secrétaire général de l’ONU a appelé Israël à revenir sur sa décision, car selon lui, ces organisations internationales « sont indispensables pour les opérations humanitaires et cette suspension risque de saper les fragiles progrès faits pendant le cessez-le-feu. La décision d’Israël s’ajoute à de précédentes restrictions qui ont ralenti l’entrée cruciale de nourriture, d’équipements médicaux, d’articles d'hygiène et d’abris dans l'enclave palestinienne assiégée.
Le Commissaire général de l’UNRWA Philippe Lazzarini, a également estimé, sur les réseaux sociaux, que cette interdiction réduirait l'aide vitale apportée aux civils qui luttent déjà pour survivre après des mois de conflit et de privations.
Les Palestiniens les plus vulnérables continuent de vivre un enfer. Un sixième enfant est décédé ce mois-ci à Gaza, alors que la population de l’enclave subit de plein fouet les pluies glaciales, les inondations et les conséquences de deux ans de guerre entre Israël et le Hamas.
Dans un communiqué, le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) a identifié une victime : Ata Mai, sept ans, mort noyé le 27 décembre lors d’une grave inondation dans un camp improvisé pour personnes déplacées à Sudaniyeh, au nord-ouest de la ville de Gaza. Il a succombé aux « conditions hivernales extrêmes et au manque d’abris sûrs », a déclaré Edouard Beigbeder, directeur régional de l’UNICEF pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord.
« Les équipes qui se sont rendues dans les camps de déplacés ont fait état de conditions épouvantables qu’aucun enfant ne devrait endurer, avec de nombreuses tentes emportées par le vent ou complètement effondrées », a-t-il ajouté.
Luisa Ballin est une journaliste italo-suisse accréditée à l’ONU, correspondante du magazine Global Geneva/Italo-Swiss journalist Luisa Ballin is a contributing editor of Global Geneva magazine.