Exposition Les dessins de jeunesse de Le Corbusier. 1902-1916. (Photo: Teatro dell’Architettura Mendrisio)

Charles-Edouard Jeanneret-Gris, né le 6 octobre 1987 à La Chaux-de-Fonds, choisira de s’appeler Le Corbusier – déformation du nom de son arrière-grand-père maternel Lecorbésier – en 1920. Dessinateur de talent, il laisse son empreinte à La Chaux-de-Fonds avant d’avoir vingt-cinq ans, avec la Villa Fallet, la Villa Jacquemet, la Villa Stotzer (qu’il avait esquissées) et la Villa Jeanneret-Perret, belle Maison blanche construite en 1912 pour ses parents, sa première réalisation en tant qu’architecte.

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L’exposition Les dessins de jeunesse de Le Corbusier. 1902-1916, promue par la Fondazione Teatro dell’architettura, avec la collaboration de l’Accademia di architettura – Università della Svizzera italiana Mendrisio, rassemble plus de quatre-vingts dessins originaux inédits provenant de collections privées et publiques suisses ainsi que de nombreuses reproductions de dessins provenant de la Fondation Le Corbusier à Paris. L’accrochage accompagne la publication du premier volume du Catalogue raisonné des dessins de Le Corbusier, édité par Danièle Pauly, publié par AAM-Bruxelles en co-édition avec la Fondation Le Corbusier et grâce à la contribution de la Fondation Teatro dell’architettura Mendrisio.

Exposition Les dessins de jeunesse de Le Corbusier. 1902-1916. (Photo: Teatro dell’Architettura Mendrisio)

Cette exposition, dont le commissariat est assuré par Danièle Pauly, est consacrée aux dessins que le jeune Le Corbusier a exécutés entre 1902 et 1916 : 1902 étant l’année de son entrée à l’École d’arts appliqués de La Chaux-de-Fonds, sa ville natale, et 1916 celle qui précède son installation définitive en France et la création de son atelier d’architecture à Paris. Les responsables de cet événement précisent, dans un communiqué, que les dessins exposés sont en grande partie inédits. « Le public aura pour la première fois l’opportunité de découvrir un corpus exceptionnel de documents rares. L’exposition est également enrichie par une série de reproductions de dessins originaux et de carnets de voyage exécutés par Le Corbusier à la même période. Le Teatro dell’architettura accueille ainsi le récit de la naissance d’une vocation que le jeune Charles-Édouard Jeanneret, futur Le Corbusier, pensait au début être vouée à la peinture ».

Admirer les premiers croquis de ce dessinateur précoce, qui développera une œuvre novatrice en tant que peintre, coloriste, sculpteur, designer, théoricien, bâtisseur et urbaniste mérite une visite non seulement à Mendrisio mais également à La Chaux-de-Fonds, Genève, Corseaux, Zurich, Ronchamp, Paris et Marseille.

Exposition Les dessins de jeunesse de Le Corbusier. 1902-1916. (Photo: Teatro dell’Architettura Mendrisio)

Parcours fascinant

Revenir sur les pas de Le Corbusier est un voyage fascinant. Homme controversé et génie incontesté, le célèbre natif de La Chaux-de-Fonds deviendra la référence incontournable de l’architecture moderne, lui qui n’avait pas de diplôme d’architecte, ayant quitté l’école à 13 ans pour un apprentissage de graveur de boîtes de montres comme son père. Artiste avant-gardiste aux multiples talents, Le Corbusier aura une vie romanesque, entreprenant de nombreux voyages d’étude à Paris et Vienne, en Allemagne, Italie et Turquie, avant de construire en Suisse, France, Argentine, Belgique, Japon et Inde, où, après l’indépendance du pays, le Premier ministre Jawaharlal Nehru lui demandera, en 1950, de dessiner et de diriger la construction de la nouvelle capitale du Pendjab indien, Chandigarh, aidé par son cousin Pierre Jeanneret.

Entre 1916 et 1917, le futur Le Corbusier dessinera et supervisera la construction de la Villa Turque, pour l’industriel Anatole Schwob à La Chaux-de-Fonds, son œuvre suisse la plus accomplie. Sise à la rue du Doubs 167, inspirée de ses voyages en Italie, dans les Balkans et en Turquie, toute de béton et de brique ocre pour accentuer son style oriental, cette demeure majestueuse a été restaurée une première fois en 1957 par l’architecte milanais Angelo Mangiarotti, puis en 1987 par le Bureau d’architecture chaux-de-fonnier R. et P. Studer et l’architecte d’intérieur française Andrée Putman. La Maison de montres EBEL – propriétaire des lieux et qui en a fait son centre de relations publiques – m’a exceptionnellement facilité la visite de ce joyau architectural.

La Villa Turque. (Photo: Swiss Tourism)

« La beauté de La Villa Turque s’apprécie tout particulièrement les jours de soleil, car l’ingéniosité de Le Corbusier a aussi consisté à jouer admirablement avec la lumière dans toute la maison », explique Pascal Vallat, qui me fait découvrir ce lieu aux dimensions parfaites, cause pourtant de maints soucis pour l’architecte précurseur. « J’ai revu aussi de fond en comble la Villa Anatole et j’en ai rapporté une grande fierté. Je ne croyais pas cette œuvre si mûre, si saine, si concertée. J’en parle du point de vue exclusivement objectif, constructif et plastique. C’est de l’architecture. Je n’y ai jamais mis d’autres intentions et je ne crois pas qu’on en puisse relever. Cette maison située à Paris m’aurait gagné dix années et, peut-être maintenu dans les voies de l’architecture », écrivait Jeanneret-Le Corbusier à W. Witter, en 1919, propos cités dans la brochure Le Corbusier, La Villa Turque 1916 – 1917, guide édité par EBEL en 1987.

Autres lieux où observer la patte de Jeanneret-Le Corbusier à La Chaux-de-Fonds : la façade arrière du cinéma Scala, seul pan de mur rescapé de l’édifice construit en 1916, détruit par un incendie en 1971. Et la décoration du foyer au premier étage du théâtre de La Chaux-de-Fonds, confiée à une classe de l’École d’Art dont faisait partie Charles-Édouard Jeanneret. Une salle est par ailleurs consacrée à Le Corbusier au Musée d’histoire de sa ville natale.

Villa Jeanneret-Perret (La Maison blanche – Le Corbusier. (Photo: Swiss Tourism)

Génie incontesté, homme controversé

Outre son coup de crayon artistique et son audace visionnaire, Le Corbusier – qui ne voyait que d’un œil – a également théorisé l’architecture en inventant le Modulor, notion proposant une silhouette humaine standard pour concevoir la structure et la taille des unités d’habitation qu’il ne cessera de bâtir aux quatre coins du monde. Modulor, terme basé sur le module et le nombre d’or pour fixer les proportions. Le Corbusier composera en outre une polychromie pour une conception de la couleur architecturale, basée sur 63 nuances, réparties en deux collections crées en 1931 et en 1959, avec des combinaisons harmonieuses et infinies ayant des effets sur l’espace humain.

L’architecte précurseur a propagé dans le monde les idées du mouvement moderne, une entité socio-culturelle et historique majeure. La dimension planétaire qu’atteint l’œuvre architecturale de Le Corbusier sur quatre continents est un phénomène nouveau dans l’histoire de l’architecture et témoigne de son impact sans précédent, peut-on lire sur le site internet de l’UNESCO.

Le Corbusier (Charles-Édouard Jeanneret) dans son atelier à Paris / Le Corbusier (Charles-Édouard Jeanneret) in his room on Rue des Écoles in Paris, spring 1908 (Photo:©FLC/ADAGP)

Si l’architecte Le Corbusier ne cesse de fasciner – en 1997, la Banque nationale suisse émettra un billet de 10 francs à son effigie et le Centre Pompidou de Paris lui dédiera une rétrospective en 2015 -, l’homme est controversé pour ses accointances supposées avec l’extrême-droite, s’étant rendu à Vichy et en Allemagne ou proposant des plans de construction à Benito Mussolini. Il aurait de plus tenu des propos antisémites en privé tout en ayant un vaste cercle de connaissances et de clients juifs. Sûr de son talent sans frontières, Le Corbusier aurait aussi proposé ses offres de service à Joseph Staline.

Une polémique a resurgi autour de l’architecte à l’envergure universelle après l’annonce que La Cité radieuse à Marseille, construite par Le Corbusier en 1952 et faisant partie de 17 de ses sites inscrits par l’UNESCO en 2016 au patrimoine de l’humanité, pourrait être déclassée, la municipalité de la Cité phocéenne aurait, dit-on, l’intention de construire trois hautes tours à proximité de la Cité radieuse, contrevenant aux normes de l’UNESCO qui imposent une zone autour de l’immeuble classé pour l’admirer dans son ensemble.

Afin de tenter de mettre les propos et les offres de service de Le Corbusier dans leur contexte historique de l’époque, le quotidien français Le Monde citait, en avril 2015, l’architecte et urbaniste français Paul Chemetov, opinion reprise par le quotidien suisse 24heures : « Les grandes réalisations ont besoin des pouvoirs publics – les travaux du même nom, aussi. Et ce n’est pas parce que Le Corbusier travailla à Moscou, espéra le faire à Rome, participa à New York au projet des Nations Unies, alla au Brésil ou à Alger, qu’il fut tout à la fois moscoutaire, fasciste, vichyste, ploutocrate, colonialiste ou tiers-mondiste, comme ses détracteurs le disent, mais, tout simplement, il était à ce point imbu de lui-même et persuadé de son génie que la commande lui était nécessaire. » Et Le Monde de rappeler qu’à Vichy, « à l’exception de quelques-uns, tel Lurçat, les architectes français furent vichystes dans leur majorité ». Et que, si l’on reproche à Le Corbusier d’avoir publié à l’époque de l’Occupation, ce fut aussi le cas des écrivains Albert Camus et Jean-Paul Sartre.

Autres joyaux architecturaux de Le Corbusier en Suisse et en France

Après avoir marché sur les pas de Le Corbusier dans sa ville natale de La Chaux-de-Fonds, destination Corseaux, près de Vevey (dans le canton de Vaud), pour découvrir la Villa « Le Lac » Le Corbusier, construite pour son père graveur de boîtes de montres et sa mère musicienne. Après avoir quitté l’élégante et couteuse Maison Blanche à La Chaux-de-Fonds, les géniteurs de Le Corbusier désiraient profiter de la douceur du climat de la riviera vaudoise. Je découvre la minuscule unité d’habitation parfaitement fonctionnelle et pensée jusque dans les moindres détails, avec le lac Léman à quatre mètres de la fenêtre, un jardin et un toit terrasse. L’historien d’art Patrick Moser, gardien chevronné et passionné, ne tarit pas d’anecdotes sur ce petit chef-œuvre architectural, dont l’histoire a été notamment écrite de la main de Le Corbusier dans le livre Une petite maison, illustré par des dessins de l’architecte et des photos en noir et blanc.

L’inventivité de Le Corbusier s’admire également dans l’immeuble La Clarté à Genève, où Michel Noiset m’introduit dans le vaste appartement qu’il habite avec son épouse férue de décoration d’intérieur. Ceux qui aiment Le Corbusier pendront aussi le train pour Paris afin de visiter l’appartement-atelier, avec terrasse sur le toit, de l’architecte suisse naturalisé français. Il avait dessiné ce double espace situé au sommet de l’immeuble Molitor avec son cousin Pierre Jeanneret, entre 1931 et 1934. Le logement fonctionnel contient des meubles dessinés par Le Corbusier et par la designer Charlotte Perriand, ainsi que des objets ayant appartenu à l’architecte et à son épouse Yvonne Gallis. Ce logis original abrite également l’atelier de l’artiste aux multiples facettes qui peignait le matin et dessinait ses constructions l’après-midi. Cet immeuble constitue la première unité d’habitation au monde à façades entièrement vitrées, peut-on lire dans la brochure N° 009 de la collection Archi Note L’appartement-atelier de Le Corbusier (2018).

Autre lieu à ne pas manquer à Paris, la Maison La Roche, conçue et construite entre 1923 et 1925 par Le Corbusier et son cousin Pierre Jeanneret. « Elle contribuera, comme l’ensemble des villas puristes, à imposer Le Corbusier comme le maître de la modernité en architecture. Selon le souhait de son commanditaire, Raoul La Roche, la maison se divise en deux parties : la galerie qui présentait sa collection de peintures et ses appartements privés », selon un communiqué de la Fondation Le Corbusier, annonçant la réouverture au public de la Maison La Roche, le 17 juillet 2020, à l’occasion du quatrième anniversaire de l’inscription, par l’UNESCO, de l’œuvre architecturale de Le Corbusier au Patrimoine mondial.

Détour ensuite par Ronchamp, pour admirer la superbe chapelle Notre-Dame-du-Haut, construite par un Le Corbusier qui avait su capter l’atmosphère toute en spiritualité de cette colline devenue un lieu de pèlerinage. Avant de filer à Zurich contempler la dernière œuvre de l’architecte universel, achevée en 1967, située au bord du lac. Le Pavillon Le Corbusier, né de sa rencontre avec la galeriste zurichoise Heidi Weber, est uniquement construit en verre et acier, selon le système du Modulor qui détermine les proportions de ce bâtiment coloré au nombre d’or. Dans ce lieu placé sous la direction du Museum für Gestaltung, l’œuvre et le rayonnement de Le Corbusier sont thématisés lors d’expositions, manifestations et ateliers. Un coin bibliothèque permet de parcourir de nombreux ouvrages sur ou écrits par Le Corbusier. Zurich étant loin de Chandigarh, je fais le vœu, en refermant un livre sur l’épopée du Corbu en Inde, de m’y rendre un jour, non sans avoir au préalable passé par Marseille, pour visiter la Cité radieuse.

Marseille, lieu de la Cité radieuse

La Cité radieuse ou Maison du fada, comme certains Marseillais avaient surnommé cet habitat révolutionnaire, fut inaugurée en 1952. Première Unité d’Habitation d’une série de cinq, construite de 1947 à 1952, la Cité radieuse comporte 337 logements de 23 types différents, complétés par des « prolongements du logis », comme les vastes chambres ou celles au format cabine de paquebot prévues pour accueillir les proches et amis qui rendaient visite aux habitants de ce village vertical d’avant-garde, pièces qui composent aujourd’hui l’hôtel Le Corbusier, avec la réception sise à l’entrée du restaurant Le Ventre de l’architecte.

Déambuler dans la rue commerçante intérieure qui abrite la librairie et maison d’édition Imbernon, la boulangerie Le Regency et un concept store de design baptisé Le 318, permet de capter une atmosphère à l’esprit de partage voulu par Le Corbusier. Tout comme la visite d’un appartement classé monument historique ainsi que la vue sur le toit terrasse, qui fait aussi la part belle à une école maternelle, une pataugeoire et un gymnase reconverti, en 2013, en Centre d’art contemporain. Le designer Ora-ïto y invite chaque année un artiste, le temps d’une exposition. La Cité radieuse, bien que quelque peu décatie par le temps, entourée d’un parc avec aire de jeux, continue de séduire ses habitants et les nombreux visiteurs qui s’y pressent chaque année.

Le destin de Le Corbusier s’achèvera tragiquement par une noyade à Roquebrune-Cap-Martin sur la Côte d’Azur, le 27 août 1965, localité de villégiature où il avait construit son célèbre minuscule cabanon. Il y sera enterré, après que son ami André Malraux lui eût organisé des funérailles nationales dans la cour du Louvre à Paris.

Villa « Le Lac » Le Corbusier (Photo Patrick Moser/FLC/ProLitteris/2019)

Le Corbusier continue d’inspirer

Le bâtisseur le plus ingénieux du XXe siècle, qui avait notamment reçu la cravate de Commandeur de la Légion d’honneur, continue d’influencer. Un bâtiment inspiré de sa Cité radieuse à Marseille devrait prochainement voir le jour dans sa ville natale de La Chaux-de-Fonds, sur une ancienne friche industrielle à côté de la gare. Un hôtel, un restaurant, des appartements, des bureaux et une place publique composeront ce quartier Le Corbusier, suite au concours remporté par les bureaux d’architecture bernois Gotham design studio et biennois GLS Architekten AG, comme l’ont annoncé les responsables de la Ville de La Chaux-de-Fonds en août dernier.

Pour en savoir plus sur les réalisations de Le Corbusier, la Fondation Le Corbusier peut être contactée. Voulue par l’architecte qui n’avait pas d’héritier, elle a pour but d’éviter la dispersion de ses œuvres et de ses archives, en collaboration avec La Chaux-de-Fonds, ville membre de l’Association des sites Le Corbusier.

Luisa Ballin est une journaliste Italo-suisse qui collabore régulièrement avec le magazine Global Geneva. 

Italo-Swiss journalist Luisa Ballin is a contributing editor of Global Geneva magazine.

Liens à consulter :

Les dessins de Le Corbusier, Teatro dell’architettura Mendrisio : http://www.arc.usi.ch/it/tam

La Maison Blanche : www.maisonblanche.ch

Sites Le Corbusier : www.sites-le-corbusier.org

Fondation Le Courbusier : www.fondationlecorbusier.fr  

Pour visiter la Villa Turque à La Chaux-de-Fonds : M. Marc-Olivier Sottas (EBEL) : mosottas@ebel.ch

Villa Le Lac (Corseaux) : www.villalelac.ch

Fondation La Clarté (Genève) : https://fondationclarte.ch/contact/

Pavillon Le Corbusier à Zurich : https://www.zuerich.com/fr/visite/attractions-touristiques/pavillon-le-corbusier

Office du tourisme de Marseille : information@marseille-tourisme.com

Visite de la Cité radieuse à Marseille : citeradieuse@gmail.com

A lire également :

Le Corbusier Voyage d’Orient 1910-1911. Editions de La Villette

Le Corbusier Formation, projets et constructions en Suisse, par Catherine Courtiau. Guides d’art et d’histoire de la Suisse

La Maison blanche. Charles-Edouard Jeanneret Le Corbusier. Retour aux sources 1912-1919. Association Maison blanche

Le Corbusier – De la Villa turque à l’esprit nouveau, Claude Garino, Editions L’Os du crocodile – Idéa

L’enfance d’un architecte – Le Corbusier, bande dessinée par Sambal Oelek, Ed. du Linteau

Les Architectes du Temps, bande dessinée par Etienne Schréder – Couleurs : Phil Skat, Montres EBEL

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