Une femme pour diriger l’ONU?

EDITION FRANCAISE
Une femme dirigera-t-elle enfin l’ONU pour succéder au Portugais Antonio Guterres dont le deuxième mandat prendra fin le 31 décembre ? Si la Costaricaine Rebeca Grynspan, première femme à la tête de la Conférence de l’ONU pour le Commerce et le Développement (CNUCED), semblait bien partie, compte tenu de l’alternance régionale censée favoriser une personnalité venue d’Amérique Latine, les cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies avec droit de véto ne s’accordent pas actuellement pour un nom consensuel à proposer à l’Assemblée générale de l’ONU.
Depuis sa fondation en octobre 1945, dix hommes ont dirigé l’Organisation des Nations Unies (dont un par intérim). De nombreux États estiment qu’il est temps qu’une représentante de la gent féminine parvienne enfin à la tête de l’ONU mais force est de constater que de nombreux pays ne semblent pas avoir la volonté politique de voter pour une femme.
Si les divergences sont visibles sur le plan international, elles peuvent aussi être réelles sur le plan national. Dans le cas du Chili, le clivage entre sensibilités de droite et de gauche a primé, puisque parmi les candidates latino-américaines, l’ancienne présidente du Chili

Michelle Bachelet a jeté l’éponge
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, le président du Chili José Antonio Kast (d’extrême droite) lui ayant retiré son soutien.
La socialiste Michelle Bachelet avait pourtant reçu les encouragements de deux chefs d’État latino-américains situés à gauche de l’échiquier politique, la présidente du Mexique Claudia Sheinbaum et Luiz Inácio Lula da Silva,réélu pour un quatrième mandat à la présidence du Brésil.

Carolyn Rodrigues-Birkett
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Parmi les autres noms, Carolyn Rodrigues-Birkett, ancienne Ministre des Affaires étrangères du Guyana, reste en lice. Le candidat sénégalais Macky Sall s’est désisté, et l’Argentin Rafael Grossi, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), est toujours dans la course.

Lana Nusseibeh, secrétaire d'Etat au ministère des Affaires étrangères des Émirats arabes unis
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Une autre candidate féminine brigue la succession d’Antonio Guterres, Lana Nusseibeh, secrétaire d'Etat au ministère des Affaires étrangères des Émirats arabes unis et son envoyée spéciale auprès de l'ONU à New. Mais des ONG ne sont pas favorables à sa candidature accusant son pays de financer des groupes paramilitaires au Soudan.
« Je pense que (s)a candidature […] est totalement inappropriée car elle nie (la) réalité», a indiqué Ken Roth, de l’organisation Human Rights Watch (HRW), lors d’une conférence de presse en ligne avec trois autres associations. « Je ne vois pas de preuves suffisantes permettant d’affirmer que cette candidate est indépendante de l’Etat dont elle est originaire », a estimé Kate Ferguson, codirectrice de l’ONG britannique Protection Approaches.
« Il ne faut pas se montrer naïf […] : il pourrait s’agir d’une tentative délibérée de captation de l’ONU par des régimes autocratiques, avec l’appui des États-Unis, afin de prendre le contrôle de l’organisation », peut-on lire dans le quotidien suisse Le Temps.
Lors d’une audition au siège de l’ONU à New York, Lana Nusseibeh, soutenue notamment par le Maroc, a affirmé : « Si je suis choisie, je serai la secrétaire générale de tous, et ma loyauté ira aux Nations Unies et à la charte de l’ONU ».
Les Etats-Unis auraient par ailleurs avancé le nom de Viktor Orbán. Selon un collaborateur du Département d’Etat américain cité par The Wall Street Journal, la Russie et la Chine seraient favorables à la candidature de l’ancien Premier ministre hongrois, alors que la France et la Grande-Bretagne pourraient mettre leur véto.
Sans consensus de la part des membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies, une nouvelle personnalité pourrait se déclarer au mois de novembre. Pour devenir Secrétaire général de l’ONU, un candidat ou une candidate doit obtenir neuf voix sur quinze au Conseil de sécurité et éviter un veto des cinq membres permanents.
« À compter du 1er janvier 2027, une nouvelle personne sera aux commandes au 38e étage du Siège des Nations Unies : après dix ans de service et avoir accompli le maximum autorisé de deux mandat, Antonio Guterres quittera ses fonctions. Son successeur devra non seulement surmonter de profonds défis politiques et financiers, mais aura également pour mission de faire progresser des réformes essentielles afin de garantir que l'Organisation des Nations Unies soit prête pour l'avenir — et ce, à un moment où l'ONU et le droit international font l'objet d'attaques directes », selon ONU Info.
Si d’ici là aucune personnalité ne parvient à obtenir l’aval des cinq membres permanents du Conseil de sécurité (Chine, États-Unis, France, Grande-Bretagne et Fédération de Russie), se pourrait-il que l’ONU n’ait plus de secrétaire général pendant un certain temps et qu’une personne soit chargée, par intérim, d’expédier les affaires courantes ?
Luisa Ballin est une journaliste italo-suisse accréditée à l’ONU, correspondante du magazine Global Geneva/Italo-Swiss journalist Luisa Ballin is a contributing editor of Global Geneva magazine.
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